… νσуαgє єи мєя …     
  Ton regard la caresse des yeux cette goélette qui t’est offerte.
Tu rêves de parcourir en son sein les mers du globe à la recherche de ses trésors…
Les mains douces de ton labeur en saisissent le gouvernail en une poigne virile et en gratignent le bois…
Tu es le maître à bord, te laissant submergé par le bonheur…
Tu trouves ses cours d’eaux paisibles qu’a reconnus ton âme… Ces plaisirs simples mettent tes sens en éveil.
Ta respiration s’accordant à chaque mouvement de l’eau… s’accélère peu à peu…

 

Puis tu frayes un chemin en des territoires inconnus où se mêlent des odeurs musquées, parfums subtiles et enivrants.
La houle soulève les flots en des monts jumeaux dont tu montes à l’assaut et les vagues faisant tanguer ta monture
et tu glisses entre les creux pour remonter plus loin à la recherche d’un nouveau souffle…
Et l’exaltation de replonger encore, plus loin… tu entends le bois craquer, gémir sous les assauts…
Bientôt la tempête te faisant presque perdre le contrôle.. t’obligeant sans cesse à rectifier ton cap.
Plus de sextant plus de boussole…
Que l’instinct animal…
Que tes mains crispées ne voulant faire qu’un avec le navire…
La goélette te mène au bord de la folie et t’entraîne en de merveilleux sillages si loin, si loin…
En être le souverain te fait bomber le torse luisant de sueur, fièrement.. Ton regard se voile…
Le voyage te conduit vers un abysse inexploré ou tu t’enfonces pour en découvrir le paysage…
tu vas à sa rencontre le sourire triomphant …
Et soudain sous tes mains le trésor… tu y plonges, le saisis fébrile et tu cries ton plaisir, ta victoire…
Ton cri résonne à l’infini,… Rauque…
Le souffle court mais heureux tu t’offres la satisfaction d’un regard ému en souvenir du chemin parcouru…
Comblé, tu rejoins le rivage hospitalier et tu t’endors satisfait, serein tes mains effleurant amoureusement les courbes douces de ta goélette.
Ce que me souffle le vent dans les haubans…